J'ai des bouches partout (I’ve Got Mouths All Over)

Title

J'ai des bouches partout (I’ve Got Mouths All Over)

Description


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exhibitions and screenings of "J’ai des bouches partout":

2005

2000

  • "Corps Accords," program curated by Patrice Allain, Vidéoz'Arts, Nantes, France
  • MIX NYC, The New York Lesbian & Gay Experimental Film and Video Festival, New York City, New York, USA
  • Reeling 2000, The Chicago Lesbian & Gay International Film Festival Chicago, Illinois, USA
  • Vidéoformes 2000, 15ème Festival International d'Arts Vidéo et Multimédia, Clermont-Ferrand, France

Resisting Sociopolitical Constructions of the Body " by Sophie Walon in The Oxford Handbook of Screendance Studies Edidited by Douglas Rosenberg, Oxford University Press, 2016

Les travaux de ces artistes dévoilent des corps non conventionnels qui apparaissent comme animaux, ouvertement sexualisés, pathologiques, monstrueux ou inidentifiables et subissent toutes sortes de transformations et de métamorphoses…
… ainsi le contenu de ces films est plus ou moins chorégraphique… Les travaux de Clouin sont plus exactement des vidéos de performances que des films de danse à proprement parler…… Les corps de ces films de danse … peuvent être décodifiés et défamiliarisés (voir les préocupations de Goldring et Clouin quant à la déconstruction des formes et fonctions attendues du corps)...
… de manière similaire l’autoportrait de Clouin lui même dans “C'est le veau qui bêle”. Par l’imitation du bêlement et le plan en contre plongée qui ne montre que le menton et sa langue, qui apparait régulièrement quand il bêle, la vidéo présente la surprenante image d’une créature hybride à moitié être humain et veau. La confusion est réhaussée par la qualité incertaine de l’image  ainsi que par la basse résolution de la vidéo. Et dans Cowboy, Clouin apparaît à moitié homme et à moitié vache, filmé de derrière à quatre pattes, l’artiste manipule ses testicules et fait bouger stratégiquement ses doigts pour qu’ils ressemblent à des mamelles…
… Les vidéos expérimentales de Clouin exhibent souvent son corps nu avec une insistance sur ses fesses et ses parties génitales, dans des positions très suggestives et provocatrices. "Kangaroo", qui montre une main qui sort de ce qui ressemble être une paire de fesses, semble sous entendre (dans sa version inversée) la pratique sexuelle du fisting. Dans “Mon Lapin Bleu”, l’artiste simule de façon comique des relations sexuelles avec un lapin bleu en peluche, dans de multiple positions acrobatiques. Dans “The Little Big ” il semble que nous sont montrées des fesses avant qu’il ne devienne clair que ce sont les épaules et omoplates de l’artiste. Pourtant juste au moment où tout contenu sexuel et toute obscenité semblent être alors exclus par cette prise de conscience, Clouin révèle une scène encore plus audacieuse, après nous avoir dévoilé ses épaules et alors qu’il se penche, nous découvrons qu’il est sur un lit, et ses mouvements suggèrent de toute évidence qu’il se masturbe…
… Dans le "Kangaroo" de Clouin une main émerge de ce qui ressemble à la raie de ses fesses. L’effet est au delà du bizarre, c’est monstrueux: son cul semble donner naissance ou défequer une main. La vidéo de Clouin dérange horriblement les fonctions et emplacements usuels des organes…
… Jouant sur la difficulté à distinguer les différentes parties du corps, certaines vidéos de Clouin  éloignent notre perception du corps en déjouant nos attentes et en court-circuitant nos certitudes. "Front Room" commence sur Clouin qui lèche une ronde et voluptueuse partie du corps, qui, parce qu’on est très près et du fait de l’avidité manifeste de l’artiste, semble être un sein avant que la caméra ne zoome en révelant le bras de Clouin.
Dans Workman ” , nous ne sommes pas sûrs de ce que nous voyons, le haut du dos de Clouin, des bras et une tête, ou un cul, le bas du dos et des cuisses. La vidéo joue sur cette incertitude: avant que nous ne voyons ses parties génitales et ses genoux (c’est à dire, avant que nous ne sachions qu’il s’agit du cul de l’artiste à l’écran), l’angle de prise de vue nous laisse penser que nous voyons des épaules et sa tête courbée et cachée. A la fin de la vidéo, quand Clouin utilise une serviette, il semble qu’il s’essuie le cou et les cheveux, ce qui à nouveau jette un doute sur la certitude d’avoir vu son cul. Le flou récurrent de l’image et la position persistante de l’artiste, qui bouge à peine, sont aussi déroutantes, ce qui laisse du temps au public pour projeter ses propres visions et attentes sur ce qu’il voit:
“Dans “Workman ” nous savons parfaitement que ce sont mes jambes que l’on voit, mais elles agissent comme si elles étaient des bras. aussi par leurs actions, leurs mouvements, elles sont identifiées comme des bras, mais les spectateurs les reconnaissent vraiment comme des jambes. Ce qui est intéressant ici c’est que nous restons très incertains de ce que nous voyons même si toutefois nous en sommes sûrs” (interview non publiée de l'auteur, Mars 2013). De plus, comme la position de Clouin apparaît très peu naturelle pour un être humain et comme il reste dans cette position un long moment, la traditionnelle représentation de la figure humaine comme bipède avec une morphologie clairement organisée vers le haut, en est troublée…
… Les films de Clouin et Goldring, en particulier, déterritorialisent les organes sexuels et les membres. Par exemple, dans “J'ai des bouches partout”(1999) qu’il traduit par “I’ve got mouths all over”, Clouin fait que son oreille ressemble à une bouche et suggère qu’elle devienne un organe sexuel, capable d’une fellation. C’est une sorte de déteterritorialisation fantastique de ses organes suivant une logique libidinale de réinvention de sa corporalité comme plus sexuée. Il semble trahir un souhait d’avoir plus d’organes sexuels à explorer et un appel à ce que le corps entier mute en une surface érogène étendue.
Sophie Walon





Rajendra Roy: Naked Eye
"'Timidity is not an issue,' says video artist Pierre Yves Clouin. Part exhibitionist, part auteur, Clouin is not afraid to show a little skin in his little videos (none are more than 5 minutes long). And is not afraid to share an opinion either: 'Full frontal nudity is curiously flat.'

"As both director and star of his growing body of work, Clouin focuses his lens on parts of the male body that don't often make gay top-ten lists, like armpits and shoulders, the small of the back and the top of the head. Clouin works like a video Venus Flytrap, seducing audiences with intimate close-ups of curves and orifices on his own well-sculpted body. Just when you think you recognize what's on screen, the body unfolds and you realize you just got turned on shoulder cleavage (The Little Big, 2000) or by a particularly sexy earlobe (I've Got Mouths All Over, 1999).
"Earlier this year he screened a tape at the prestigious Sundance Film Festival. This fall he has a few venues lined up including the MIX Festival in Manhattan, where Clouin once premiered The Bleating Calf and caused a sensation with animal rights activists until it was explained that what looked like a lamb about to be slaughtered was actually Clouin himself, naked and moaning.
"Clouin travels quite a bit these days, leaving his boyfriend at home in Paris. Exquisitely formed and clearly at ease with exposing himself to the critical masses, Clouin has some sexy advice for the body-obsessed among us: 'Accept pleasure whatever it may be and whenever it strikes.'"
Rajendra Roy
Chief curator, Department of Film, Museum of Modern Art;
Competition Selection Committee, Berlinale Internationale
Filmfestspiele Berlin; Formerly, programmer, artistic director,
Hamptons International Film Festival; executive director, MIX
Gay/Lesbian Film Festival; Film and Media Arts Program Manager,  Solomon R. Guggenheim Museum
Education: BA, University of California, San Diego
Co-founder: Rising Stars program
Publications include: "Making Choices," Moving Pictures; "The New
'Old' World," IndieWIRE; "Naked Eye: Pierre-Yves Clouin," Empire,
no. 7; "The Knickian Doctrine: A Metaphor for the Future of the Media
Arts," MAIN; "The Truth and the Need: Jim Hubbard as Curator" in
Jim Hubbard, Filmmaker, exh. cat. Brooklyn: Dumba Arts Center;
"Films and Videos for a Synthetic Society" with Anie Stanley, in Next
Sex; "L'Attrape Mouche (Venus Flytrap)" in Turbulences Video #29.

Date

1999-09-14

Rights

© Pierre Yves Clouin

Type

MovingImage

Coverage

Paris

Original Format

dv

Duration

00:02:30

Director

Pierre Yves Clouin

Files

Collection

Tags

Citation

“J'ai des bouches partout (I’ve Got Mouths All Over),” Pierre Yves Clouin, accessed June 22, 2021, https://pierreyvesclouin.fr/items/show/88.